P R O L O G U E I am here & here & there

P R O L O G U E                                                       I am here & here & there
Elle était belle, Hayley. Hayley, c'était un sourire. Un rayon de soleil et un éclat de rire. Une putain de personnalité. Beaucoup trop intelligente pour faire comme tout le monde. Ca l'aura pas empêché de finir ici. Les gens ne la connaissaient jamais entièrement. Non, il n'y avait que moi, pour ça. Ils la disaient folle, parfois. D'autres la disaient superficielle ou encore mystérieuse. Ces derniers étaient les plus justes. Moi j'en dirais qu'elle avait un sale caractère. Capricieuse pour couronner le tout. Et une putain de créative. On a grandit ensemble, elle et moi. On nous disait inséparables. A nous deux, on faisait toutes les bêtises possibles. Et des jeux idiots, elle en inventait une centaine par jour. Le problème, je crois, c'est qu'il n'y avait que nous pour en rire. A quelques secondes près, j'étais légalement son grand frère. Des jumeaux. Mais j'étais donc légalement responsable d'elle. Comment n'ai je pas pu prévoir ça. Comment n'ai je pas pu l'empêcher. Si tu savais comme je m'en veut Ley'. Puis elle, mon petit ange, est tombée amoureuse. Un pauvre idiot, si vous voulez mon avis. Il a profité d'elle, puis l'a jeté. Sauf que c'est ça, le problème, quand on est créatif. L'imagination se tort, se contorsionne pour inventer des espoirs toujours plus fous, et quand on est déçu... Eh bien plus on monte haut, plus la chute est douloureuse, non ? Il planait bien haut, son nuage, à Hayley. Ma pauvre princesse. La désillusion a été tellement dure pour elle. Le pire, je crois, c'est qu'elle n'a pas voulu le partager avec moi. Non, petit à petit, elle s'est écartée et a souffert en silence. Je voyais bien qu'elle ne voulait plus manger. Je voyais bien mes rasoirs disparaître et ses longues striures fines sur ses bras. Mais je n'ai rien fait. Je ne savais pas comment l'aider. Tout est ma faute. J'aurais dû être là, quand elle a volé cet argent. J'aurais dû partir avec elle, dans cet avion pour la Laponie. Et puis j'aurais dû être là, dans le froid, pour la ramasser, presque pas vêtue, allongée dans la neige, sous l'aurore boréale.
Oui, c'était son coté grandiose, à Hayley. Quitte a mourir, elle voulait crever de froid sous l'aurore boréale. Mais ça ne s'est pas passé comme prévu. Non. On l'a vu. On l'a trouvé et on l'a sortit du froid. Et maintenant 8 mois qu'elle dort. Elle dort. Encore. Et ne se réveillera sans doute pas. Les médecins disent qu'elle est dans le coma. Tout est si incertain, maintenant. Notre anniversaire des 15 ans est passé depuis 6 mois, maintenant, mais elle n'était pas là pour le fêter. Elle est pâle, sur son lit d'hôpital. Seules ses pupilles sous ses closes paupières bougent. Elles marquent un allez retour comme si ma Hayley assimilait encore des informations. Mais le docteur dit que c'est nerveux, que ça ne veut rien dire. Elle me manque tellement. Ses longs cheveux coulent le longs se son visages, sur son épaule et viennent se fondre sous le drap. Elle semblait paisible, hier. Aujourd'hui elle parait troublée. Si jamais elle pouvait se réveiller, serait on à nouveau, Liam et Hayley ?



Edit

Nouvelle fiction. Laissez vos avis et vos hypothèse de suite, SVP. Je répond à tous les commentaires.

# Gepost op dinsdag 01 januari 2008, 07u11

Gewijzigd op vrijdag 01 februari 2008, 07u33

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Le jeune homme parle. Parle et parle encore. Depuis maintenant 8 mois. Il passe le plus clair de son temps au chevet de sa soeur jumelle, il lui parle. Il lui raconte. Ses journées, les insignifiantes vies des autres. La sienne aussi. Insignifiante depuis qu'elle n'est plus là pour la partager. Ce soir, comme de nombreux avant, il n'en peux plus. Il se laisse aller à sa peine, sa colère. Alors il la supplie. Il la supplie de réagir, d'esquisser un geste pour lui faire signe qu'elle l'entend. Seulement non. Ses yeux sous ses paupières closes marquent indifféremment leur continuel allez retour. Il la soupçonne d'être partie loin encore. Tellement loin. Elle ne l'écoutera pas. Alors il pleure. Il pleure de rage, d'impuissance et de douleur.
Parce qu'elle le retient, malgré tout, pense t il. Si elle venait à se réveiller sans qu'il soit à son chevet, elle pourrait essayer à nouveau. Et non, définitivement non, il ne peux l'imaginer seule, dans la neige, une seconde fois, avec les poignets tailladés. Alors il demeure seul, ici. Il reste sur cette chaise, assis à coté de son lit. Il prend des cours par correspondance, maintenant. Il ne voit plus personne, puisque ses parents représentent un grand appartement et un cheque par mois. Elle est tout ce qu'il a, et il est tout ce qu'elle a. Non pas qu'ils n'aient pas d'amis. Les jumeaux Jackson, au collège, ils en faisaient, du bruit. La rumeur disait que s'ils n'avaient été frères, ils auraient été le couple du siècle. Elle était belle, intelligente, drole et simpa. Lui était beau, mystérieux, sérieux et tout aussi intelligent. Que voulaient les gens de plus ? Elle était le fantasme, enviée et désirée, lui était l'idole, jalousé et idéalisé. Elle avait l'air belle, leur vie. Bien plus belle qu'elle ne l'est devenue.
Ce soir, il est allongé sur le lit, à coté d'elle. Elle lui manque. Tellement. Il laisse les larmes couler sur ses joues et, de sa voix brisée par la tristesse, il lui murmure encore des mots qui n'ont plus vraiment de sens.

-Ley'. S'il te plaît, écoute moi. Tu me manques. Si tu savais à quel point tu me manques. J'ai tellement hâte que tu te réveilles. On pourra retourner à notre vie. Enfin avec un an de plus. On a 15 ans maintenant, tous les deux. Tu te souviens ? T'avais tellement hâte qu'on ai 15 ans. On sera au lycée. Tu voulais devenir mannequin. Je suis sur que t'y arriveras, hein. T'es si belle. Unique. Mais tu vaux bien plus que ce métier de pourris, crois moi. Comme t'as été stupide. Je l'aurais tué, ce gars, si ça avait pu t'empêcher de faire ça. T'avais pas le droit ! Si seulement t'avais pu m'en parler...

Et ses yeux vont. De gauche à droite sous ses closes paupières. Rien ne changera jamais. Liam frappe du poing rageusement sur le rebord du lit comme si ce geste pouvait changer quelque chose. Mais les jours sont les mêmes. Inlassablement, rien ne change. La boucle tourne. Les jours passent longuement dans la monotonie de cette section coma de ce petit hôpital perdu au fin fond de l'Allemagne.

Ce soir, Liam parle. Ce soir, comme bien d'autres soirs auparavant, Liam se remémore le passé. C'est tout ce qu'il lui reste, après tout. Il laisse son esprit vagabonder au fil des mots. Il n'y a qu'elle qui l'écoute, de toute façon, et il ne lui a jamais rien caché. Il souffre. Elle dort. Ils sont ensemble, pourtant.

-Ley', tes grands yeux bleus me manquent. Je sais bien que j'ai les même, mais c'est pas la même chose. Les miens sont masculins. On est pareils, tous les deux. Je sais qu'on a jamais été normaux. A la base, les jumeaux font toujours tout pour se différencier l'un de l'autre. Exprimer sa personnalité. Nous on a les même personnalités. Le même sang et les même dates de naissance. On y peut rien. Moi, perso, ça me convient. J'aime quand les gens nous regardent avec envie. A nous deux, on est tellement de chose. Je me sens bien rien, sans toi. Plus personne ne passe te voir, maintenant. Moi non plus. C'est de ma faute, Ley', pas la tienne. C'est moi qui n'ai pas rappelé les gens. Je voulais souffrir seul. Comme gamins, tu te souviens ? Il fallait toujours que je cache mon sang, parce que sinon, tu te mettais à pleurer. Pourquoi il a fallu que tu caches le tiens. Tu sais bien que l'un sans l'autre, on surmonte pas les épreuves. Je te l'ai encore jamais dit, mais après ce que tu as fait, tu te souviens, je suis venu à l'hôpital, puis je suis reparti, une après midi. Tu te rappelles ? Eh bien cette après midi, j'ai été le voir, Dylan. Je lui ai tout dit. Comme tu as souffert, après ce qu'il t'as fait. Comme tu as pleuré, comme tu t'es fait du mal et comme tu as voulu t'en tuer. Il a pleuré. Comme un nouveau né. Pitoyable. Il a dit qu'il était désolé. Je voulais attendre que tu te réveilles pour t'en parler. Mais puisque tu sembles vouloir prendre ton temps au pays du je-ne-sais-pas-quand-je-reviendrais, eh bien je te le dis. Je l'ai frappé. Je ne sais pas combien de fois. Jusqu'à ce qu'il saigne un centième de ce que tu as saigné sans doute. Je le hais, si tu savais à quel point. Et il n'a rien dit. Il a encaissé les coups. Tu vois, c'est bien la preuve que c'est lui le fautif, là dedans. Il t'a ruiné. Toi, la plus belle chose jamais créée. Quel salopard. Quel salopard. Il t'a tout pris, tout volé. Ton innocence, ton bonheur, même ta vie. Je le hais, Hayley. Mais ne t'en fais pas. Il a eu ce qu'il méritait. J'y ai veillé. Les gens savent comme il est con. Ils le laisseront pas recommencer. Tu ne m'en veux pas, Ley'. J'espère que non. J'ai fais ça pour toi. Tu me manques. Tellement. T'es ma vie, tu l'as toujours été, et maintenant, je regrette de pas te l'avoir assez dit. Alors je te le dis : t'es la seule personne pour qui je pourrait tout faire. Je t'aime si fort que je tuerais pour toi et je te donnerais ma vie s'il le faut. Je t'en prie, réveille toi vite, petite soeur.

# Gepost op dinsdag 01 januari 2008, 12u04

Gewijzigd op dinsdag 01 januari 2008, 15u51

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Le lendemain matin. Un lendemain matin comme tous les autres. Liam a dormi à coté de sa soeur sur le petit lit d'hôpital. Les infirmières laissent faire. Les parents payent.
Les parents... Riches. Pas très futés. Pas assez pour éviter les enfants illégitimes de toute évidence. Liam et Hayley en sont la preuve vivante. Enfin au moins, deux adultes responsable. Un réalisateur et une Top Model. Assez bien pour garder les fruits d'une relations et d'une grossesse sur-médiatisée. Enfin pour les entretenir. Deux enfants magnifiques, gardés à l'écart de la presse dans une grande maison perdue en Allemagne. Bien loin de New York, quoi qu'il en soit. Après l'accident d'Hay', Liam pensait voir ses parents, pour la première fois de sa vie, mais aucun des deux ne pointa son nez, pas plus que lors de leur troisième, sixième ou encore quatorzième anniversaire.
Un jour, Hayley irait prouver à sa mère qu'elle est sa digne fille. Mais pas maintenant. Parce que maintenant, Hayley va mal, pense douloureusement Liam lorsqu'il se réveille.
-Hey Ley'. Los Angeles. L.A. Ouai. T'as vu. J'ai inventé un nouveau jeux de mots douteux. Notre mère y est peut être en ce moment. Quoiqu'elle est peut être vieille pour ce métier, maintenant. Plus de 30 ans. C'est pas juste. T'auras aucun mal à lui botter les fesses. Je vais chercher un petit déjeuner. T'es réveillée ? Non ? Toujours pas ? Bon, tant pis, je reviens.

Le jeune brun quitte la pièce, prenant le vain soin de ne pas faire trop de bruit. Comme si le bruit la réveillerait. Il parcourt le couloir jusqu'aux distributeurs de nourriture et de café. Un moment qu'il en a déjà testé tous les produits. A vomir pour la plupart. Enfin il prend tout de même de quoi manger et va s'asseoir à une table annexe. Comme pendant les 8 précédents mois, il observe. Il observe la blancheur de ce corridor, quartier coma du grand hôpital de cette grande ville Allemande. Parce que oui, depuis l'accident, les jumeaux ont pour ainsi dire emménagé dans cet hôpital d'Hambourg. Le seul à avoir une section Coma de tout le pays. A peine vivable, mais c'est bien la dernière des préoccupations du jeune homme.
Il observe les gens entrer et sortir des chambres d'un air absent. Certains pleurent. D'autres pas. C'est la principale caractéristique des gens animés, ici, les larmes. Il arrive quelques fois que certaines personnes sourient. Mais c'est rare. Quelques infirmières viennent discuter avec Liam. Depuis le temps qu'il est ici, elles se sont prises d'affection pour lui : Peu de gens sont aussi dévoués que lui. Il ne connaît pas leurs noms, mais il accepte leur amitié avec le sourire : Elles sont sa seule présence humaine. Chacune d'elle espère ou non que sa persévérance aboutira. Certaines lui souhaite cette joie. D'autres préfèrent garder ce jeune homme si gentil près d'elles. Parce que la vie n'est pas vraiment très animée, dans ce monde à part qu'est le service coma.
Pourtant, aujourd'hui l'interphone de l'accueil grésille, et les deux infirmières attablée autour de Liam se relèvent brusquement pour aller travailler. Liam les observe s'activer avec un demi sourire. Aucune d'entre elles n'est belle à proprement parler. Aucune autant que Hayley, du moins. Mais la présence féminine, quelle qu'elle soit, a toujours plu à Liam. Les infirmières ne lui prêtent déjà plus attention. Ce bruit ne peut avoir qu'une seule signification. Un nouveau patient arrive. Ce qui implique, puisque ce patient est endormi depuis peu, sans doute de nouvelles visites, mais surtout de nouveau visiteurs. Liam reste assis dans le coin de la pièce restauration et observe. Depuis ces huits mois, il n'a pas souvent vu de nouveaux patients. Tout est très calme, ici. Comme si le temps passait deux fois plus lentement.
Et soudain, les deux portes s'ouvrent. Apparaît alors, sur un brancards, un adolescent qui frappe son regard. Non. Il ne lui est pas inconnu. Il l'a déjà vu quelque part. Seulement, il ne se rappelle pas d'où. Peut être ce trou de mémoire vient du fait qu'il n'a pas regardé la télévision depuis bientôt un an. Sans doute.
Enfin il découvrira bien assez tôt qui est ce jeune homme au visage encadré de dread locks, pense-t-il. En attendant, il retourne à sa chambre. Celle de Hayley, pour une nouvelle journée à s'écouter parler.

-Je suis revenue, Ley', t'as l'autorisation de te réveiller. Enfin après, c'est toi qui vois. Il y a un nouveau comateux, arrivé fraîchement d'aujourd'hui. Mais il est pas du tout ton genre, je te rassure. Comment il est ? Bah, assez spécial. Visage fin, dread locks. Non, j'ai pas vu la couleur de ses yeux. Logique en même temps, vu qu'il est dans le coma. Et puis il a l'ai tout maigre. Il est dans un sale état. Ouais, des bandages partout. J'ai pas observé plus. Il me rappelle quelqu'un. Je sais pas trop qui, sans doute un musicien. Ce soir je demanderais qu'on installe une télé dans notre chambre. Ce sera utile. Puis je crois que je vais aussi accepter un lit pour moi, parce qu'on est assez à l'étroit, dans ce petit lit à deux. Mais je reste dans ta chambre, t'inquiète pas. Je te laisserais pas seule. Il va falloir que j'aille faire un peu de sport, tout à l'heure. Oui, on est Mardi, le jour du sport. Tu voudrais pas que je devienne légumineux. Toi aussi d'ailleurs, il va falloir faire bouger tes bras, tes jambes et ta nuque, aujourd'hui. J'imagine que tu préfères que ce soit moi qui le fasse. Mouais, comme toujours. Je préfère aussi. Vu qu'on est le 20 février, aujourd'hui, on a exactement 15 ans et 6 mois, et ça fait tout juste 8 mois que tu dors. Tu vas bientôt établir un record. On est en plein hivers. T'auras au moins manqué ça, cette année.
Une des infirmière m'a dit qu'il avait neigé, hier. Il neige de moins en moins, maintenant. C'est dommage, je sais que tu détestes ça, mais moi, j'aurais bien aimé faire une bataille de boules de neige, cet hivers. T'aurais encore gueulé. Tu sais que demain, 21 février, donc, nos cours par correspondance arrive. Il va falloir que tu m'aides, comme toujours, en Maths, sans toi, je galère. Je pensais, avec tout l'argent qu'on a pas dépensé, pendant ces huit mois, ça nous fait de sacrés économies. On pourrait s'acheter un scooter ? Un deux place. C'est moi qui le conduirait, j'irais passer mon permis, lorsque tu seras réveillée. Ta voix me manque, si tu savais.

Comme depuis 8 mois, maintenant, le jeune homme parle. Au fond de lui, il doute. Si jamais elle ne se réveillait pas, que deviendrait-il, lui ? Il ne peut simplement pas envisager la vie sans elle. Alors il garde espoir. Une heure plus tard, il se rend en salle de sport et, les yeux rivés sur le bipper qui lui indiquera le réveil de sa soeur, il se muscle. Il pense à avant. Il était tellement inconscient. Il pense qu'il aurait pu être à la place de Dylan. Il pense que sa vie était chargé d'illusions et surtout, il ne pensait pas qu'il puisse être aussi triste, et qu'il puisse être aussi mutilé, sans Hayley.



Edit

Je préviens de la suite toute personne m'ayant laissé un commentaire sur le dernier chapitre publié.
Exemple : je préviens du chapitre 2 chaque personne m'ayant laissé un commentaire sur le chapitre 1.

# Gepost op woensdag 02 januari 2008, 13u36

Gewijzigd op donderdag 03 januari 2008, 06u19

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Le soir même.
-Ley'. Tu te souviens de quand on avait 4 ans ? Oui je sais, je reparle beaucoup de notre passé, et je t'ai déjà raconté cette histoire trois fois, mais on a pas grand chose de mieux à faire, non ? On avait cette gouvernante qui te préférais, toi. Elle t'emmenait des fois des heures avec elle pour te maquiller et jouer à la poupée avec toi, et moi, je devais rester à l'écart et observer en silence jusqu'au moment où il fallait que je te fasse des compliments. Je comprenais même pas les mots qu'elle me demandait de te dire, mais c'était des longs mots, et si je les disais mal, je me prenais une tape sur la tête. On en avait parlé, le soir, et tu m'avais dis que ça t'embêtais aussi. Alors on a passé notre nuit à élaborer un plan. Référence dessins animés. La pauvre. Je me souviens même plus comment on a fait pour percher ce seau d'eau sur cette porte, ni comment on a calculé sa taille de façon à ce qu'il y ai pile la bonne hauteur pour le beurre de cacahouète. N'empêche que ça a réussi, elle est jamais revenu. A 4 ans déjà, de vrais teignes. Bon, il est 20h, je vais essayer d'aller gratter quelque chose de chaud, ce soir. A tout à l'heure.

Sur ce, Liam sort de la chambre. Ca fait un moment qu'il s'est habitué au bip régulier de la machine cardiaque, pourtant c'est avec soulagement qu'il le quitte, ce soir. Chaque son tambourine dans sa tête douloureusement. Sans doute la fatigue. Il retourne au coin restaurant où on lui sert un maigre repas. Il s'assoit à une table, seul, comme toujours et regarde les infirmière terminer de servir les quelques éveillés du service avant de le rejoindre. Mais aujourd'hui, le regard de Liam est attiré par autre chose : Il se souvient enfin qui est cette personne qui a attiré son regard, sur le brancards, le matin même. Il s'en souvient car il vient d'apercevoir dans les quelques personnes qui prennent un repas, son frère jumeaux. Il est en pleine discussion avec Katie, l'une des infirmière. Et justement, Katie montre Liam du doigt. Les regards des deux bruns se croisent alors que Katie continue de parler et, au moment où elle achève sa phrase, l'intéressé avance vers la table de Liam. Celui ci reste assis, curieux de savoir ce que l'autre lui veut. Le présumé Bill s'assoit enfin à la table et observe Liam, comme s'il essayait de le calculer.
-C'est vous, Tokio Hotel ?
-C'était nous.
-C'est fini ?
-Probablement, oui, vu qu'il manque un membre.
-C'est ton frère qui est dans le coma ?
-Elle dit que ton jumeaux est dans le coma...
-Ma jumelle.
-Alors ça nous fait un point commun.
-Possible.

Les deux jeunes hommes se toisent d'un air méfiant. Aucun des deux n'a besoin de l'autre, et pourtant il semblerait qu'ils soient amenés à se fréquenter. Leurs deux orgueils s'affrontent de leurs regards méprisant, et pourtant, ces deux jeunes hommes ont bien plus de communs qu'ils ne le pensent. L'infirmière, Katie, assise à une autre table aujourd'hui esquisse un sourire. Aucun de des ne semble remarquer la ressemblance frappante qu'il a avec l'autre. Et pourtant, elle, ça lui saute aux yeux. Bien sur, Liam a les yeux bleu, gris, métalliques, froids et intimidants, alors que le regard du nouveau venu est sombre, teinte chocolat mais pourtant chaleureux, mais les deux personnages dégagent la même énergie, le même charisme et la même force. Elle pense avec conviction que, si ces deux hommes ne forment pas une amitié étincelante, ils s'entre-tueront sans doute comme deux lions en puissance.
Liam tend finalement une main amicale vers son interlocuteur.
-Liam.
L'autre la serre est esquisse un sourire.
-Bill. Enfin Bill et Tom.
-Liam et Hayley.
-Vous avez quel age, tous les deux ?
-16 ans bientôt, et vous deux ?
-18. T'as l'air plus âgé.
-Ca fait combien de temps que vous êtes ici ?
-Depuis 8 mois. On vit ici depuis 8 mois. Et vous deux, ça fait combien de temps ?
-Deux semaines. On était en France quand c'est arrivé, et on vient juste de le ramener au pays.
-Fini la vie de rêve...
-Naaaaaan, la vie de rêve c'était fini bien avant. On a trop de fans hystériques, ça devient même invivable.
-Comment elles ont réagit, vos fans, quand elles ont appri pour Tom ?
-T'es fou ?! Elles savent pas. J'imagine même pas le suicide collectif !
-Ah... Et donc vous faites comment ?
-On a annulé tous les concert, genre on fait une pause, Gustav et Georg sont rentrés voir leurs familles.
-Gustav et Georg ? C'est les deux autres membres ?
-Ouais. Je sais pas trop comment on va faire, si ça continue. Parce que si le groupe s'arrête, c'est un peu tout notre monde qui s'écroule.
-Je connais... J'ai vécu ça il y a 8 mois.
-Et alors ? La vie ?
-Au jour le jour, seul. Bon je vais rejoindre Ley', si elle se réveillait, il faut que je sois là.
-T'es souvent ici ?
-Toujours.
-Alors on se reverra.
-Sans doute.

Liam regagne sa chambre, pensif. Cet homme, Bill, est étrange. Il semble beaucoup plus détendu qu'il ne l'est lui même par rapport à son jumeau. Enfin sans doute que Tom n'a pas tenté de se suicider, lui. Enfin qu'est ce qu'il en sait, après tout. De retour auprès de sa soeur, Liam lui confie ses doutes, il lui raconte en détails sa rencontre et finalement se plaint d'avoir oublié la télévision qu'il comptait demander. Une heure plus tard, il s'endort sur son nouveau lit, la lumière rouge clignotante du cardiogramme pour veilleuse.

# Gepost op vrijdag 04 januari 2008, 13u07

Gewijzigd op donderdag 13 maart 2008, 04u45

One Shoot

One Shoot
Un texte résultant du mélange de deux styles : le siens et le miens.

Lilly


La jeune fille entre à nouveau dans la pièce. Elle est encore plus pâle qu'en en sortant, quelques minutes plus tôt. Son petit frère court se jeter dans ses bras dans un sanglot étouffé. Le brun les observe avec indifférence. Son frère, à lui n'est pas là. D'ailleurs, il ne sait pas où il est, Tom. Mais il semblerait qu'il y ai un problème plus grave à résoudre. Les mots de la jeune fille brûlent sur ses lèvres, d'une érubescence naturelle. De terribles mots, semble-t-il. Elle se détache délicatement de l'enfant et lui sourit faiblement. Le bambin semble rassuré. La jeune fille se tourne alors vers le brun avec un air coupable. Celui ci, malgré la situation de crise, ne peut s'empêcher de la trouver belle. Mais sa beauté lui fait du mal. Tout bonheur lui semble affreusement douloureux, affreusement décalé et immérité. Il sent en elle une assurance qui ne devrait pas être, une lueur de folie anime son regard, sur l'instant et déforme son visage dans la faible clarté ambiante. Il voudrait la questionner, mais il perd la tête, la situation, il ne la contrôle déjà plus. Il devrait tout savoir, il ne doit rien attendre de personne. Et pourtant, il doit se confronter au regard énigmatique de la jeune fille. Le jeune homme prend sa tête entre ses mains, tente de se persuader que tout n'est qu'un mauvais rêve. Il serre ses paupière plus fort encore pour mieux effacer de son esprit l'absurdité de la situation, mais lorsqu'il ouvre à nouveau les yeux, la réalité le heurte soudainement de plein fouet. Cette jeune fille d'à peine seize ans est toujours là. Elle l'observe, pensive. Elle parait terriblement troublée. Il distingue chacun de ses traits comme creusé par la faible luminosité de la pièce. En effet, seuls quelques néons à la teinte verdâtre éclairent, de leurs lueurs vacillantes, les trois personnages.
Le jeune homme pense avec amertume qu'il ne sait même pas où il est ni comment est il arrivé ici. A vrai dire, ses souvenirs sont assez flous après la soirée alcoolisée de la veille. Il n'a même aucune idée de l'heure qu'il est. Il peut bien faire nuit dehors, il n'en saurait rien. La pièce est dépourvue de fenêtres. Pas de portes vers l'extérieur, non plus. Tout est clos. Il vient de s'en rendre compte et l'angoisse ne tarde pas à l'envahir. Son sang gicle contre les parois de ses veines, il prend réellement conscience qu'il est enfermé dans ce deux pièces minable.
Il jette un regard à la jeune fille qui lui fait face. D'elle non plus, il ne sait presque rien. Il semblerait qu'elle s'appelle Lilly, il a entendu l'enfant l'appeler ainsi alors qu'elle était dans l'autre pièce avec il-ne-sait-qui, ou il-ne-sait-quoi, après tout. Son petit frère lui a aussi dit, à lui, qu'elle était fan de lui depuis un bout de temps. "Amoureuse de lui" a-t-il dit. Peut être cela lui servira t-il. Il l'observe donc. Elle semble si fragile, et pourtant, de toutes les personnes présentes dans cette pièce, elle est assurément celle qui contrôle le mieux la situation. Il l'écoute prendre sur elle pour rassurer son petit frère. Lui murmurer d'une voix peu confiante que tout ira bien et qu'il n'a rien à craindre. Mensonge. Il voit la peur dans les grands yeux bleus de la jeune fille. Il peut en sentir les relents de là où il est. Il peut voir ses interminables cheveux noirs frissonner au rythmes de ses tremblements et ses yeux briller à travers son maquillage trop noir pour l'azur limpide de son regard. Les yeux de la jeune fille l'évitent, d'ailleurs. Lui échappent alors qu'il tente vainement de les saisir. Il sent que quelque chose ne va plus. Le temps lui échappe, il ne saisit pas l'ampleur de cette situation, il n'en connaît pas les limites. Il ne peut que lire l'effroi dans le regard de la jeune fille.
En effet, elle a peur. Elle n'a aucune idée d'où elle est ni pourquoi elle est ici, elle. Elle ne sait pas non plus ce que fait ce jeune homme avec elle. Tant de fois, elle a rêvé de se retrouver avec lui, tant de fois, elle a souhaité le rencontrer. Et pourtant, dans cette situation quelque peu alarmante, elle ne peut que regretter d'être là. Elle laisse s'échapper cette occasion, sans pouvoir l'apprécier. Parce que les choses n'arrivent pas toujours au bon endroit, et encore moins au bon moment. Elle voudrait se haïr d'envisager ce qu'elle envisage, mais elle n'a pas le choix. N'est-ce-qu'un cauchemar ? Une immense farce ? Un test ? Quoiqu'il en soit, elle a peur. La seule chose qui l'empêche de fondre en larmes, ce sont les minuscules doigts de son petit frère qui s'agrippent à sa main avec confiance. Pour lui tout est simple. Lilly lui a promis que tout irait bien. Tout ira bien. Il n'a pas de doute.
La jeune fille se sent bien peu digne de cette aveugle confiance. Pourtant, elle se promet de faire tout ce qui est en son pouvoir pour honorer sa promesse. Mais cette promesse lui fait peur. Lorsqu'on promet quelque chose, se rend-on compte dans quelles conditions allons nous être obligé de la tenir ? Fermement dans une main, parfois trempée de sang, parfois trempée de larmes.
Elle n'aurait jamais pensé se retrouver dans pareille situation. Lorsqu'elle était arrivée, ou plutôt lorsqu'elle s'était réveillée dans cette pièce, quelques heures auparavant, elle n'avait plus aucun souvenir de la soirée de la veille. Elle n'avait plus son portable dans sa poche ni sa montre au poignet et elle n'avait aucun idée de l'heure qu'il était. Un jeune homme, aux cheveux noirs, les traits immaculés, le regard perçant s'était réveillé en même temps qu'elle, Bill. Elle avait frémi à sa vu. Elle s'était soudainement sentie légère, comme si un poids qu'elle avait porté toute sa vie s'était évaporé à sa vue. Et pourtant son visage n'avait pas changé, trop surprise, trop effrayée, par cette vision au combien rassurante. Elle réalisait que Bill Kaulitz était lui aussi là. Et il ne lui avait pas fallut plus de quelques instants pour se rendre compte qu'il était ... seul. Un amas de pensée l'avait alors traversées. Elle s'était dit qu'en cet instant, il aurait besoin d'elle, parce qu'elle était seule avec lui. Jusqu'à ce qu'un petit gémissement vienne attirer son attention, elle s'était tournée vers la source de son trouble et avait trouvé près d'elle son frère, son petit frère et toute son innocence. Pendant quelques minutes ils s'étaient tous les trois concertés du regard, s'étaient levés, sans prononcer la moindre parole. Ils avaient fouillés la pièce vide, jusqu'à ce que Lilly trouve une porte. Une simple porte aussi sombre que les murs, aussi perdue qu'elle, tachant le paysage des murs longilignes. Un morceau de papier blanc y était agrafé. Il y figuraient dessus ces trois simples mots : Seule Lilly entre. Elle s'était donc exécutée sous les regards curieux de son petit frère et du présumé Bill Kaulitz. Tout ça lui paraissait irréel. Sans doute un rêve, avait-elle pensé. C'était donc la peur au ventre et l'esprit embrumé qu'elle était entrée dans la seconde pièce. Identique à la première, excepté une montre, au sol. Sa montre. A coté, un magnétophone. Sur le magnétophone était gravé le mot "play" tel un ordre à exécuter dans la minute. Elle avait donc pressé le bouton. Un voix déformée avait alors envahit la pièce, se répercutant sinistrement contre les murs. Elle avait tout écouté avec attention, ne réalisant pas encore l'ampleur de mots. Elle avait une nuit pour faire son choix. Le lendemain, à l'aube, elle devrait décider qui elle choisissait de garder en vie. Elle se devait de choisir entre l'enfant, la source de la pureté, et le jeune homme, son homme imaginaire. Elle avait si souvent souhaité le trouver à ses côtés, endormi, la respiration lente, son souffle balayant son visage. Son fantasme. Si elle n'avait pas décidé à l'heure dite, les trois mourraient dans d'atroces souffrances. La personne choisie pourrait repartir avec elle et serait libre, l'autre était condamnée. Elle devrait alors rejoindre les deux autres dans la pièce annexe et leur exprimer son dilemme. Si elle n'obéissait pas à la lettre, tous trois mourraient.
La jeune fille frissonne alors que le sens des mots ne la frappe qu'à l'instant. La voix s'éteint lentement et définitivement dans son crâne, martelé par le doute. Non, elle a mal entendu. C'est impossible. Elle commence alors à imaginer les conséquences de son choix, quel qu'il soit. Tout ça la torture, la tourmente. Elle voudrait vomir ses souffrances, la situation lui semble invraisemblable. Elle doit tuer quelqu'un. Tout ça est fou.
La jeune fille serre fort les doigts de son petit frère entre ses mains, mais garde son visage impassible pour ne rien laisser paraître. Tout ira bien pour lui et elle. Ils seront sain et sauf. C'est l'essentiel. Elle tente de se convaincre. Son bout d'homme la regarde avec, dans les yeux, cet espoir ingénu qu'ont les enfants innocents.
Bill, quant à lui, détourne son regard comme s'il avait sous les yeux une intimité gênante, indécente. Il ne comprend pas. Pas ce qu'il fait ici, ni comment il en sortira. Tout lui échappe et il a cette déroutante impression de ne rien contrôler, d'impuissance. La voix de la jeune fille s'élève alors et résonne contre les murs froids et sombres de la pièce :
-Il y avait un enregistrement dans la pièce.
Bill hausse un sourcil, perplexe. Il réplique avec acidité :
-Et qu'y avait-t-il dessus ?
-Des instructions. L'un meurt, les deux autres sont libres. C'est moi qui choisis.
S'ensuit alors un silence effrayant. Le coeur du brun s'est arrêté de battre. Le gamin tente vainement de trouver un sens aux mots que vient de prononcer sa soeur, du haut de son esprit d'à peine quatre ans. La jeune fille, quant à elle, tente de voiler sa peur, le sentiment commence à lui faire mal, il bat en elle. Elle ne doit rien laisser paraître de son choix.
Elle ne veut pas qu'il sache, son fantasme. L'homme de ses rêves pour lequel elle a passé des nuit entières à pleurer. L'homme dont la voix l'a si souvent bercée d'illusion pour ensuite la jeter de son nuage. Le désespoir. Elle est tombée de haut. Elle tente de se rassurer, après tout, lui aussi lui a fait du mal. Et pourtant, au fond d'elle, trépigne l'idée, cette sombre idée, qui la dépasse et qui la souffre. Oui, personne ne mérite de mourir. Elle a la vie et la mort entre les mains.
Le jeune homme respire avec difficulté. Il n'a aucune chance, pense-t-il. Ce gosse n'a pas plus de cinq ans. Il est son frère. Lui même ne se choisirait pas à la place de la brune. Ca signifie qu'il va mourir. Cette prise de conscience le frappe dans toute la grandeur de son sens. La peur l'envahit. Il veut se battre. Il veut vivre. Cette fille l'aime ? Il veut sa chance. Il mérite de vivre.

De là où elle est, la voix du magnétophone se délecte de la scène. Sa proie semble mourir du dilemme qu'il lui impose. Son regard passe de son frère au jeune homme avec une expression d'incertitude qui prend peu à peu des allures de folie. Il se plaît à observer l'humain dans toute sa faiblesse. L'amour. Tout se passe comme prévu. C'est parfait.

Bill observe toujours la fille. Il a déjà honte de la décadence humaine et de la débauche dans laquelle il est prêt à se plonger pour vivre. Il ne veut pas mourir. Il ne veut pas laisser Tom. Ni son groupe. Ni ses fans. Ni sa famille. Ni sa vie. Son ordre des priorités est confus. Son regard glisse comme de l'eau sur de la glace sur les regards d'affections que Lilly échange avec son frère. Il s'approche de la jeune fille, devinant ses désirs. Celle ci lâche instantanément la main de son petit frère. Il la domine de toute sa hauteur et se mord la lèvre inférieure. Ce rôle lui va si mal. Tom, lui n'aurait eu aucune difficulté à sauver sa vie, dans cette situation, mais lui n'y arrive pas. Il plonge son regard dans celui de la jeune fille, parfaitement conscient que son unique chance est de la séduire. Il a honte. Honte de se servir de cette fille, mais il n'est définitivement pas prêt à mourir. Puis une question lui effleure l'esprit, mais il la balaye rapidement. Il ne doit pas y penser. Et l'enfant ? S'il vit, l'enfant meurt. Il continue malgré tout son petit jeu de séduction.
Lilly semble se perdre définitivement dans son regard, savourant dans sa léthargie, la beauté fulgurante du jeune homme.
Il est si beau, pense-t-elle. Elle sait que son regard n'a qu'un but, pourtant elle se laisse prendre au jeu. Le laisser en arrière lui déchire littéralement le coeur. Mais il le faut. Ce n'est pas vraiment un choix. Kyle a quatre ans. Quatre minuscules années. Et puis il veut devenir aviateur. Il doit vivre. Le choix est tout fait. Pourtant, Bill, celui qu'elle tient pour son évidence, est prêt à payer sa vie aussi cher qu'en sera le prix. A quelques centimètres d'elle. La tentation est trop forte.
-On devrait aller parler, dans l'autre pièce, suggère Bill.
Lilly acquiesce en silence. Son petit frère tire sa manche et la regarde avec ses grands yeux d'enfant. Bleus, comme ceux de sa soeur.
-Li. Tu me laisses pas tout seul, hein ?
La jeune fille s'accroupit et se met à la hauteur de son petit frère. Le prend par les deux mains. Son coeur se brise.
-Si mon ange. Il va falloir que tu restes ici un moment. Je dois aller dans l'autre pièce. Je reviens bientôt. Promis. En attendant, tout ira bien. Essaye de dormir.
Le gamin hoche vigoureusement la tête et son regard anxieux s'apaise. Il a confiance. Il part se rouler en boule dans un coin de la pièce pendant que Bill prend maladroitement la main de sa soeur et l'attire dans l'autre pièce. Après avoir délicatement refermé la porte, Bill observe l'endroit. Les murs sont sombres, sales et froids. Tachés de sang, semblerait-il. Le sol est poussiéreux. Les lumières verdâtres sinistres et morbides. Lugubre endroit.
Bill s'assoit au sol, à genoux, en face de la jeune fille qui en fait autant. Les deux corps, face à face, dans la froideur vide et sombre de la pièce ont quelque chose d'irréel.
-Que veux tu ?
-Je n'en sais rien.
La jeune fille frissonne et refoule avec pudeur ses désirs enfouis.
-Je ferais ce que tu veux.
Elle rougit. Lui est grave. Il sent la timidité de la jeune fille alors que sa propre honte s'imprime en lui comme une marque gravée au fer sur sa peau. Jamais il ne pourra oublier ce qu'il est en train d'accomplir avec lui même. Il n'a plus de limites, et ses doigts agiles viennent déjà frôler la peau frémissante de la jolie brune. Leur peur commune le taraude. Il se sent prisonnier, à genoux devant elle. Il doit la supplier pour vivre. Il est en position de faiblesse. Obligé de se plonger dans la décadente bassesse humaine. Il se doute qu'il doit l'aimer. Qu'elle attend de lui la seule chose qu'il ne peut donner. Il redoute. Il sent aussi qu'il doit faire le premier pas. Jouer le jeu. Il doit simuler l'amour, la seule chose qu'il ne connaît pas. Ce profond abîme, il l'a toujours craint. Toujours effrayé de s'en sentir dépassé. Et aujourd'hui il doit simuler d'y avoir mis le pied.
La jeune fille hésite. Tous les tabous instaurés par la société l'empêchent de lui dire qu'elle s'est trop souvent demandé quel goût ont ses lèvres. Quelle odeur a sa peau. Quelle saveur a son amour. Elle cherche les mots pour formuler ces questions. Il semble les avoir déjà compris. Les lèvres du jeune homme s'approchent. Tout lui parait rêvé. Il ferme les yeux, cherche quelqu'un qu'il pourrait imaginer à la place de Lilly. Il n'y a personne. Sa vie étouffante de chaleur, de mouvement. Oh oui, trop de choses dans sa vie, trop d'émotions pour laisser place à un quelconque sentiment. Sa transe permanente l'a rendu sec et froid. Incapable d'aimer. Alors il ouvre les yeux. Regarde Lilly dans toute sa beauté, et dans l'absurdité de la situation, il l'embrasse. Ce premier baiser depuis tellement longtemps fait l'effet d'une bombe atomique dans tous les remparts de son corps, contre l'amour qu'il avait dressé. Et par dessus le rôle qu'il doit jouer, un désir plus grand prend place. Elle n'est qu'à lui. Elle lui appartient. Et, étonnamment, il la désire.
L'esprit de la jeune fille s'est déjà envolé. Il est parti loin, là où Bill n'est obligé de rien. Là où il l'aime. Elle ne parvient pas entièrement à réaliser qu'elle embrasse le célèbre Bill Kaulitz. Combien de vois a- t- elle senti ce rêve exaltant, heurter la prison de son esprit ? La main de jeune homme glisse sur sa taille lui arrachant des frissons de plaisir. Il continue de l'embrasser alors qu'elle songe à résister. La trahison est ignoble. Pourtant elle glisse ses mains sous le t-shirt de Bill. Elle caresse son torse avec un infini plaisir et goûte enfin à la chaleur de sa peau.
Il s'allonge lentement au dessus d'elle tout en la déshabillant. Peu lui importe la froideur du sol. Il se sent sale, pourtant il continue de l'embrasser, il laisse ses lèvres glisser sur sa peau et il la regarde se cambrer de plaisir.
Elle oublie un instant que son frère est à coté, terrifié, elle oublie que Bill ne l'aime pas et elle oublie qu'elle est prisonnière. Elle sait seulement qu'elle est avec lui. Elle observe son corps maigre et fragile, hésitant dans l'instant, il se serre contre elle. Elle écoute avec délice leurs deux respirations se mêler dans une valse infernale. Son souffle chaud brûle sa peau. Son sexe dur plaqué contre son corps se fait plus pressant alors qu'elle s'abandonne au plaisir ultime. Enfin, il entre en elle. Tout n'est que volupté et son monde éclabousse de couleurs son esprit. Sa tête bourdonne d'un feux d'artifice. Tout est trop intense.
Un temps infini se passe alors que les deux êtres enlacés ne croient plus les mots que leur plaisir leur murmure. Ce soir, il n'y a pas de désillusion. La jeune fille s'allonge finalement sur le torse de son amant, le souffle court. Elle laisse cette sensation de pleinitude s'emparer de son être avec une puissance incroyable. La pièce sombre clignote autour d'elle au rythme des battements de son coeur et rend sa trahison plus immonde encore. Elle écoute ce coeur battre impétueusement, frapper avec vigueur sa cage thoracique dans un combat acharné.
Le jeune homme n'en croit plus ses sens alors que le plaisir bouillonne encore dans chaque parcelle de son corps. Il sent son esprit en ébullition. Il prête ce plaisir soudain à l'adrénaline, faute de vouloir y croire. Sa main erre sur le dos de la jeune fille pour la garder un instant de plus. Mais il ne peut la retenir alors qu'elle s'écarte délicatement et entreprend de se rhabiller.
Soudain un grattement retenti dans la pièce. Les deux jeunes gens sursautent avant de réaliser que ce ne peux être que Kyle, qui est contre la porte. Ils échangent un regard, terminent de s'habiller puis Bill va lui ouvrir, laissant entrer le gamin dans la pièce. L'enfant apeuré le bouscule et se précipite dans les bras de sa soeur avec un sanglot étouffé; elle l'ébouriffe. Tout est trop étrange pour que Bill réagisse lucidement, pourtant, il aurait juré avoir vu le gamin lui adresser un regard mauvais, comme s'il savait qu'entre eux se déroulait un combat à mort. Lilly s'écarte délicatement de son frère avec un regard d'excuse à son amant. Celui-ci vient vers elle et scelle ses lèvres aux siennes sous le regard étonné du gamin. Lilly ne proteste pas. L'enfant écarte les bras pour que sa soeur le porte, il s'accroche avec acharnement à son cou.
Bill évite son regard. Il n'a pas encore compris et croit innocemment qu'elle dit adieu à son petit frère. Il ne sait pas qu'elle est incapable de tuer ce petit être. Il ne se rend pas compte, que malgré tout, sa décision est la même. Que sa célébrité ne l'aura pas sauvée. Il croit l'avoir comblée, comme il croit combler ses fans après chaque concert. Il pense que sa présence, que son corps, suffit. Qu'il suffit à tuer un enfant, qu'il lui permettra de vivre encore longtemps. Il pense qu'elle croit en cet amour éphémère, celui qui n'a duré qu'un temps de fusion.
Mais elle sait, elle sait que si Bill vit il la laissera seule, sans frère et le coeur brisé. Elle le sait, et lui l'ignore.
La jeune fille prend son frère par la main et fait signe à Bill de la suivre dans la première pièce. Il est l'heure. Leur coeur tambourine, vaillants et pleins d'espoirs. Ils espèrent prouver qu'ils sont dignent de la vie. Lilly sait ce qu'il lui reste à faire. Sa voix s'élève dans la nuit énonçant son choix.
-Kyle. Dit elle simplement.
Elle n'a pas le temps de voire le visage de Bill se déformer dans un rictus de rage et de désespoir. Elle n'a pas le temps de l'entendre hurler sa colère ni de voir son expression de surprise et d'étonnement lorsqu'il sent son corps s'engourdir. Sa tête à elle est comme remplie de fumée. Soudain, tout redevient noir. Un silence de mort s'empare de la pièce alors que les ténèbres envahissent l'espace. Trois corps inanimés tombent au sol dans un bruit sourd. Trois âmes s'engagent sur le chemin sans retour.

# Gepost op zondag 06 januari 2008, 14u15